BrésilRécit vécu

Deux mois à Belo Horizonte en 2018 : une autre facette du Brésil

Après une saison à Punta del Este, j’ai rejoint un ami à Belo Horizonte pour deux mois. Bus de nuit, Savassi, fêtes de la Saint-Jean et cuisine mineira.

Niveau d’expérienceSéjour : environ deux mois en 2018

Je raconte ici les quartiers, les lieux et les personnes que j’ai connus pendant environ deux mois à Belo Horizonte en 2018. Mes impressions ne décrivent pas toute la ville ni l’ensemble des Brésiliens.

En bref

En 2018, après une saison de travail à Punta del Este, j’ai rejoint un ami installé à Belo Horizonte avec un PVT. J’y suis resté environ deux mois. Cette ville intérieure, plus calme que le Rio que j’avais connu, m’a fait découvrir une autre facette du Brésil : les rues parfois désertes, l’animation de Savassi, les fêtes de la Saint-Jean, la cuisine du Minas Gerais et des habitudes quotidiennes qui m’ont parfois surpris.

  • Mon trajet : un très long voyage en autocar depuis Punta del Este, probablement avec un changement à São Paulo
  • Mon séjour : quelques nuits en auberge, puis une location mensuelle pendant environ deux mois
  • Ce qui m’a marqué : le contraste avec Rio, les rues peu fréquentées à pied et l’importance des déplacements en bus ou en voiture
  • Mes découvertes : le pão de queijo, les brigadeiros, le sertanejo, les fêtes de la Saint-Jean et les cafés où travailler ou lire

En 2018, je terminais une saison dans un restaurant français à Punta del Este, en Uruguay. À cette époque, je me formais en informatique et je commençais à réaliser de petites missions. Je me lançais progressivement, sans avoir encore une activité suffisamment stable pour en vivre toute l’année.

Mon expérience dans l’hôtellerie et la restauration me permettait de trouver assez facilement du travail saisonnier. Je pouvais travailler plusieurs mois, mettre de l’argent de côté, puis consacrer le reste de mon temps à mes projets informatiques et à la prospection. C’était ma façon de construire la transition entre deux vies professionnelles tout en continuant à voyager.

Rejoindre un ami en PVT à Belo Horizonte

Un ami était parti vivre un an au Brésil avec un permis vacances-travail. Il avait choisi Belo Horizonte comme première destination. Lorsque ma saison à Punta del Este s’est terminée, il m’a proposé de le rejoindre. J’ai accepté.

Je suis donc reparti en autocar. Dans mon souvenir, le trajet m’a conduit de Punta del Este à São Paulo, puis de São Paulo à Belo Horizonte. Je n’ai plus beaucoup d’images précises de ce très long voyage. J’ai probablement dormi pendant une bonne partie du trajet.

Comme je le racontais déjà dans mon premier voyage à Rio, les autocars longue distance que j’ai empruntés en Amérique latine étaient souvent d’un très bon niveau de confort. Les sièges étaient larges, épais et suffisamment inclinables pour dormir. Selon le billet, il pouvait y avoir un coussin, une couverture, un service de nourriture ou des arrêts réguliers dans des restaurants routiers.

Les heures de transport restaient nombreuses, mais le bus avait un avantage important pour moi : il coûtait moins cher que l’avion. En voyageant de nuit, je pouvais dormir dans le car, économiser une nuit d’hébergement et arriver le lendemain dans une nouvelle ville.

Mon arrivée à Belo Horizonte

Je suis arrivé le soir à Belo Horizonte. Pour mes premières nuits, j’avais réservé une auberge recommandée par mon ami. Elle était tenue par un Français qui vivait dans la ville depuis plusieurs années.

Je ne suis pas sorti très loin le premier soir. Je ne me souviens même plus précisément de ce que j’avais mangé, probablement quelque chose dans un petit établissement proche de l’auberge. C’est seulement le lendemain matin que j’ai commencé à marcher dans le quartier pour découvrir la ville.

J’ai rapidement senti une ambiance différente de celle que j’avais connue à Rio. Belo Horizonte est la capitale du Minas Gerais, un immense État situé à l’intérieur des terres, dans le sud-est du Brésil. Il n’y a pas de plage. Le Minas Gerais couvre environ 586 000 kilomètres carrés, soit une superficie comparable à celle de la France métropolitaine.

Ce changement de décor m’a aidé à comprendre à quel point le Brésil pouvait varier d’un État à l’autre. Le pays est divisé en cinq grandes régions et compte aujourd’hui environ 214,2 millions d’habitants, selon l’estimation officielle de 2026. Passer de Rio à Belo Horizonte, ce n’était pas seulement changer de ville. Je découvrais un autre rythme, d’autres habitudes et une autre culture locale.

Des rues étonnamment calmes en dehors de Savassi

Une de mes premières surprises concernait les trottoirs. Dans les quartiers où je me trouvais, je voyais très peu de personnes marcher. Au début, j’ai pensé que j’étais simplement arrivé à une heure calme ou dans une zone peu fréquentée. Avec le temps, j’ai constaté que cette impression revenait souvent.

La situation était différente dans les secteurs centraux et animés comme Savassi, où l’on trouvait des commerces, des cafés, des bars et des restaurants. Mais dès que je quittais ces zones, je pouvais me retrouver dans des rues presque vides. Le soir, certaines étaient peu éclairées, ce qui n’était pas toujours rassurant lorsque je rentrais seul.

Il m’est arrivé de croiser principalement des personnes qui mendiaient ou dormaient dehors. Lorsqu’une rue est vide et que la seule personne qui vient vers vous demande quelque chose, la situation peut paraître inquiétante, surtout quand on vient d’arriver. Les échanges que j’ai eus se sont toutefois bien passés. Même lorsque quelqu’un insistait un peu, rester calme et courtois avait suffi dans les situations que j’ai personnellement vécues.

Je ne veux pas en faire une règle de sécurité. Une expérience sans problème ne garantit rien pour une autre personne, un autre quartier ou une autre période. Ce qui m’avait surtout frappé, c’était l’absence de piétons. Beaucoup de personnes semblaient privilégier les bus, la voiture ou Uber, parfois même pour des distances qui me paraissaient courtes.

Moi, j’avais l’habitude de marcher. Prendre une voiture pour quelques rues me semblait étrange. Je me suis donc souvent retrouvé seul sur le chemin du retour, y compris en début de soirée. J’ai fini par comprendre que ce n’était tout simplement pas la manière habituelle de se déplacer pour beaucoup de personnes que je fréquentais sur place.

Les fêtes de la Saint-Jean dans une ville plus calme que Rio

À mes yeux, Belo Horizonte dégageait une atmosphère plus calme, plus douce et parfois plus traditionnelle que Rio. Cela ne signifie pas que la ville manquait d’animation. Avec mon ami, je suis sorti dans des bars et des restaurants, j’ai fait des rencontres et découvert plusieurs événements locaux.

Mon séjour coïncidait avec les fêtes de la Saint-Jean, appelées festas de São João en portugais brésilien. Elles font partie de la période plus large des festas juninas, les fêtes traditionnelles organisées au mois de juin. En 2018, l’Arraial de Belo Horizonte célébrait sa quarantième édition, avec des centaines d’activités organisées dans la ville entre la mi-juin et la mi-juillet. Je me souviens surtout des spectacles de quadrilha, de la musique et de ces rassemblements organisés dans de grands espaces extérieurs. L’ambiance était à la fois festive et familiale.

J’ai également découvert le sertanejo, très écouté et dansé dans le Minas Gerais. Je l’associe fortement à cette période, même si ce genre musical ne vient pas exclusivement de Belo Horizonte et dépasse largement les frontières de l’État. Il fait partie d’une culture rurale présente dans plusieurs régions du Brésil.

Une colocation et quelques gouttes d’eau de trop

Après mes premières nuits en auberge, j’ai trouvé une location mensuelle. C’est là qu’une petite anecdote m’a fait découvrir à quel point les habitudes d’un logement partagé pouvaient différer des miennes.

Un jour, j’ai reçu un avertissement parce que j’avais laissé quelques gouttes d’eau près de l’évier de la cuisine. Il ne s’agissait vraiment que de quelques gouttes sur le plan de travail. Je ne pensais pas avoir causé de problème et la sévérité de la réaction m’a beaucoup surpris. J’avais même compris que cela pouvait remettre en question ma place dans la colocation.

Par la suite, d’autres interactions m’ont montré que certaines personnes que je rencontrais au Brésil étaient extrêmement attentives au nettoyage. Un grain de riz oublié pouvait être remarqué immédiatement. J’ai même vu des personnes laver des légumes avec du liquide vaisselle, ce qui m’avait étonné.

Ce sont des anecdotes personnelles, pas une description de tous les foyers brésiliens. Elles m’ont surtout appris qu’en colocation, ce qui paraît parfaitement propre à une personne peut sembler insuffisant à une autre. Lorsque l’on arrive avec ses propres habitudes, les règles implicites du logement méritent d’être clarifiées dès le début.

Football, cafés et livres autour de Savassi

Belo Horizonte m’a aussi permis de découvrir les deux grands rivaux du football local : Cruzeiro et l’Atlético Mineiro, surnommé le Galo et également appelé Galo Doido sur place. J’avais retenu ces surnoms beaucoup plus facilement que tous les détails du championnat.

Dans un registre plus calme, j’aimais les cafés de la ville. Je fréquentais notamment Guaja, qui fonctionnait alors comme un café-coworking. Je pouvais m’y installer pour travailler sur mes projets informatiques. Le lieu a évolué depuis et je le cite comme un souvenir de 2018, pas comme une adresse actuelle à recommander.

J’avais également remarqué plusieurs cafés qui ressemblaient à de petites bibliothèques. On pouvait commander un café brésilien bien fort, choisir un livre, puis s’installer à une table ou sur une terrasse. Je ne me souviens plus de leurs noms, mais cette association entre le café, la lecture et le travail m’avait beaucoup plu, particulièrement autour de Savassi.

Brigadeiros et pão de queijo : mes découvertes du Minas Gerais

La nourriture fait partie de mes meilleurs souvenirs de ce séjour. J’ai découvert les brigadeiros, de petites douceurs préparées notamment avec du lait concentré et du chocolat, déclinées dans de nombreuses saveurs.

J’ai surtout mangé beaucoup de pão de queijo, les petits pains au fromage emblématiques du Minas Gerais. Ils me rappelaient la chipa que je connaissais en Uruguay, même si les deux préparations ne sont pas exactement identiques. Les meilleurs pão de queijo que j’ai goûtés au Brésil se trouvaient, dans mon souvenir, dans cette région et particulièrement à Belo Horizonte.

Ces détails culinaires, les musiques, les fêtes et le rythme de la ville m’ont fait comprendre que découvrir le Brésil demandait bien plus qu’un seul séjour. Mon expérience à Belo Horizonte n’avait presque rien à voir avec le mois passé à Rio, alors qu’il s’agissait du même pays.

Après Belo Horizonte, une nouvelle saison en Suisse

Pendant mon séjour, j’ai réussi à trouver à distance un nouvel emploi saisonnier dans le Valais, en Suisse. Après environ deux mois à Belo Horizonte, je suis donc reparti en Europe pour une saison de quatre mois.

Ce travail allait me permettre de refaire des économies, puis de continuer à développer mes projets informatiques et à voyager. À cette période de ma vie, chaque saison finançait un peu la suivante. Belo Horizonte avait trouvé sa place entre deux contrats, mais ces deux mois m’avaient offert bien plus qu’une simple étape : une découverte très différente du Brésil que je connaissais jusque-là.

Ce que je retiens pour un séjour à Belo Horizonte

1. Ne cherchez pas une version intérieure de Rio

Belo Horizonte n’a ni plage ni le même rythme que Rio. C’est précisément ce qui rend la ville intéressante. Elle permet de découvrir le Minas Gerais, sa cuisine, ses habitudes et une facette différente du Brésil.

2. Vérifiez précisément votre trajet en autocar

Mon voyage depuis Punta del Este était très long et passait probablement par São Paulo. Les itinéraires, correspondances, catégories de sièges et services varient selon la compagnie. Pour dormir correctement, regardez le type de siège proposé et ne supposez pas que le coussin, la couverture ou les repas sont toujours inclus.

3. Étudiez les déplacements autour de votre logement

Dans les quartiers que j’ai fréquentés, marcher n’était pas toujours le moyen de transport le plus courant, surtout le soir. Avant de louer pour plusieurs semaines, regardez les lignes de bus, la distance jusqu’aux lieux que vous fréquenterez et les possibilités de rentrer sans dépendre d’un long trajet à pied.

4. Demandez les règles précises de la colocation

Mon avertissement pour quelques gouttes d’eau m’a montré que les attentes peuvent être très différentes d’un logement à l’autre. Clarifiez dès le départ le ménage, l’utilisation de la cuisine, les espaces partagés et ce qui peut réellement entraîner un avertissement.

5. Profitez du mois de juin pour découvrir les fêtes de la Saint-Jean

Les festas de São João ont beaucoup compté dans mon souvenir. Les dates et les lieux changent chaque année, mais cette période peut permettre d’assister à des quadrilhas, des concerts et des événements familiaux autour de la culture locale.

6. Goûtez le Minas Gerais avant de repartir

Le pão de queijo ne résume pas toute la cuisine mineira, mais il serait dommage de passer à côté. Les brigadeiros, les cafés et les nombreuses spécialités locales font pleinement partie de la découverte de Belo Horizonte.

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