BrésilRécit vécu

Mon premier voyage à Rio : un mois entre appréhension et joie de vivre

Après une saison en Uruguay, je suis parti à Rio avec un ami. Le bus, notre logement dans les hauteurs, la police militaire, les plages et les fêtes : mes premiers souvenirs du Brésil.

Niveau d’expérienceSéjour — environ un mois

Je raconte mon premier séjour à Rio, probablement vers 2016. Mes impressions portent sur les lieux et les personnes que j’ai connus pendant ce mois, pas sur toute la ville ni sur le Brésil entier.

En bref

La première fois que je suis allé au Brésil, c’était, je crois, en 2016. Avec un ami, nous avons pris le bus depuis l’Uruguay pour passer environ un mois à Rio. J’y ai découvert une ville de contrastes : une présence policière qui m’a impressionné, des personnes inquiètes avec qui j’ai parlé, mais aussi une énergie et une joie de vivre très fortes quand les quartiers s’animaient le week-end.

  • Mon point de départ : une saison de travail à Punta del Este, puis le départ avec un ami
  • Mon séjour : environ un mois à Rio, dans un Airbnb situé dans les hauteurs
  • Ce qui m’a marqué : les bus longue distance, les motos-taxis sur les collines, la police militaire et les fêtes
  • À garder en tête : ce récit décrit mon expérience à l’époque ; les conditions de transport et de sécurité se vérifient avant de partir

La première fois que je suis allé au Brésil, c’était, je crois, en 2016. Je terminais une saison de travail dans un restaurant en bord de plage, Mia Bistró, sur la plage Brava à Punta del Este, en Uruguay. J’avais eu l’occasion de voir un peu de ma famille là-bas : j’ai des origines uruguayennes par mon père.

Une fois la saison terminée, un ami et moi avons décidé d’aller visiter le Brésil. Nous avons réservé un Airbnb, puis mis le cap sur Rio de Janeiro. C’était la première fois que je m’y rendais.

De l’Uruguay à Rio en bus : mon premier trajet vers le Brésil

Nous avons pris le bus. Le trajet a été long, mais c’est l’occasion de parler d’une chose que j’ai souvent appréciée en Amérique latine : le confort des bus longue distance. Les compagnies que j’ai connues proposaient des sièges semi-cama ou cama. Cama veut dire « lit » en espagnol. Le semi-cama s’incline déjà beaucoup ; le cama permet de s’allonger davantage.

Pour quelqu’un comme moi qui arrive à dormir dans les transports, une nuit dans un semi-cama peut très bien se passer. Dans les bus que j’ai empruntés, les sièges étaient confortables, la climatisation rendait le trajet plus agréable et il y avait des toilettes. Sur les longs parcours, nous pouvions aussi faire des pauses pour manger ou nous dégourdir les jambes. J’ai même connu des trajets avec un repas chaud compris dans le billet, un peu comme dans un avion, et j’avais été agréablement surpris par sa qualité.

Je ne veux pas dire que tous les bus d’Amérique latine offrent le même service. C’est mon expérience des compagnies que j’ai utilisées ; le confort, les arrêts et les repas dépendent du billet et de l’opérateur. L’agence brésilienne des transports terrestres distingue d’ailleurs plusieurs catégories de sièges, sans rendre les repas obligatoires pour chacune d’elles.

Dans mon souvenir, le trajet de Montevideo à Rio a duré environ 17 heures. Au bout de ce long voyage, nous arrivions enfin dans une ville que je ne connaissais pas du tout.

Notre Airbnb dans les hauteurs de Rio

L’Airbnb que nous avions réservé donnait sur la ville. La vue était superbe : depuis le logement, j’apercevais notamment le Pão de Açúcar, le Pain de Sucre, avec cette forme montagneuse si reconnaissable dans les images de Rio. Le logement se trouvait dans les hauteurs, assez près de l’entrée d’une favela. C’était agréable une fois arrivés, un peu moins pratique chaque fois qu’il fallait sortir acheter quelque chose : on descendait la colline, puis il fallait la remonter.

En bas, des motos-taxis attendaient les personnes qui voulaient remonter vers les logements. Les premières fois, j’ai été surpris par la vitesse à laquelle certains conducteurs grimpaient, parfois même à contresens. Je me demandais comment ils faisaient. Il fallait bien s’accrocher. Je raconte cette impression d’alors, pas une recommandation de prendre une moto-taxi : les conditions de sécurité demandent à être appréciées sur place et les conseils aux voyageurs français déconseillent aujourd’hui leur usage à Rio.

La police militaire et les premières impressions dans la rue

En descendant cette colline, une des premières images qui m’a marqué a été celle d’un gros véhicule de la police militaire. Plusieurs hommes lourdement armés se trouvaient à bord. Leurs armes et leur équipement m’ont impressionné. En venant de France, je n’étais pas habitué à voir une telle scène en pleine ville. Très vite, j’ai pris conscience que Rio connaissait aussi des conflits violents.

Dans mon souvenir, j’associais cette image au BOPE. En vérifiant le nom, il s’agit du Batalhão de Operações Policiais Especiais, une unité de la Police militaire de l’État de Rio de Janeiro. Je ne peux toutefois pas dire avec certitude que les policiers que j’ai vus ce jour-là appartenaient à cette unité. Ce que j’ai vu, c’était la police militaire, et sa présence était déjà impressionnante pour moi.

J’ai aussi remarqué, dans certains endroits, des gens qui marchaient très vite. Plusieurs femmes m’ont semblé inquiètes. Une Carioca avec qui j’ai discuté m’a raconté qu’elle avait parfois peur d’aller voir ses amis. Les images d’affrontements diffusées aux informations nourrissaient aussi cette inquiétude, me disait-elle. D’autres personnes m’ont parlé de coups de feu qu’elles pouvaient entendre dans certaines zones de la ville. Moi, je n’en ai pas entendu pendant ce séjour. Je distingue ce qu’on m’a rapporté de ce que j’ai personnellement vécu.

Cela m’a fait comprendre pourquoi certaines personnes vivaient avec la peur. Mais je ne veux pas résumer les Cariocas à cette peur, ni Rio à la violence. Les profils que j’ai croisés dans les rues, l’ambiance et les histoires qu’on me racontait ne ressemblaient pas à ce que j’avais connu ailleurs en Amérique latine. Rio m’a semblé être une ville vraiment à part.

Une favela n’est pas un seul et même endroit

Le logement était proche d’une favela, et j’ai vite compris qu’il fallait se méfier d’un raccourci : « favela » ne veut pas automatiquement dire quartier dangereux. Ce sont d’abord des quartiers où habitent des gens, souvent dans des conditions plus modestes. La situation peut être très différente d’un endroit à l’autre. Certaines zones connaissent des conflits ; d’autres sont des lieux de vie où le quotidien suit son cours.

Cela ne signifie pas non plus que l’on peut entrer partout sans se renseigner. Il faut séparer ce que j’ai ressenti près de notre logement de la situation réelle de chaque quartier, qui peut changer. Les recommandations officielles françaises déconseillent actuellement les visites touristiques de favelas. Surtout, la présence de violence dans certaines zones ne dit rien des habitants dans leur ensemble.

Le week-end, une autre énergie : sorties et baile funk

Nous sommes aussi sortis à Lapa et à Botafogo, dans des quartiers où l’on faisait la fête. Nous sommes allés dans un baile funk très populaire, et j’ai découvert à quel point les Brésiliens savaient faire la fête, particulièrement en fin de semaine.

Un week-end, nous avons également mangé dans un restaurant près de l’entrée de la favela proche de notre logement. Le quartier s’est animé autour de nous. Il y avait du monde, du mouvement, une ambiance de fête. C’est une des choses qui m’a le plus marqué de ce premier séjour : la joie de vivre que j’ai ressentie, surtout dans ces moments où les gens se retrouvaient pour sortir.

Il y avait donc, dans un même voyage, cette image de policiers armés qui m’avait déstabilisé et ces soirées où la ville semblait déborder d’énergie. Les deux font partie de mon souvenir de Rio. Je ne voudrais effacer ni l’un ni l’autre.

Nous avons aussi fait un tour dans le centre et sur les plages, notamment à Copacabana. Je suis également allé dans la zone en contrebas du Christ Rédempteur, où je me suis assis un moment. Je ne suis pas monté jusqu’au monument et je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de le visiter à l’époque.

Après tout ce mois passé à Rio, ce sont ces contrastes — entre les choses qui m’avaient impressionné et la joie de vivre ressentie pendant les fêtes — que je garde de ma première visite au Brésil.

Ce que je retiens pour préparer un premier séjour à Rio

1. Regardez l’accès au logement, pas seulement la vue

Notre Airbnb dans les hauteurs avait une très belle vue, mais chaque course impliquait une descente et une remontée. Avant de réserver, vérifiez le relief, les accès et les trajets que vous ferez au quotidien.

2. Comparez précisément les catégories de bus

Semi-cama et cama ne procurent pas la même inclinaison. Si vous comptez dormir pendant le trajet, regardez le type de siège proposé. Vérifiez aussi les arrêts, les repas et les services réellement inclus : mon bon souvenir des bus ne vaut pas garantie pour tous les billets.

3. Ne déduisez pas la sécurité d’un quartier de sa seule étiquette

Le mot « favela » recouvre des réalités différentes. Cela ne remplace pas une information actualisée et précise sur le lieu où vous comptez séjourner. Consultez les recommandations officielles avant de réserver ou de vous déplacer, et n’assimilez pas les habitants aux conflits qui touchent certaines zones.

4. Laissez une place aux contrastes

Je suis arrivé avec une image partielle de Rio. La présence policière m’a frappé, mais les rencontres et la fête m’ont montré autre chose. Un mois suffit à laisser de vrais souvenirs ; il ne suffit pas à parler pour toute une ville.

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