Je pensais retourner à Bali après un séjour en Thaïlande. Ma demande de visa indonésien n’ayant pas abouti à temps, j’ai choisi presque au dernier moment de rejoindre un ami à Cebu. J’y ai trouvé quelque chose que je ne cherchais pas forcément : une base urbaine confortable, avec de bons logements, la fibre, des cuisines équipées et plusieurs îles à portée de voyage.
- Pourquoi Cebu : une solution de remplacement devenue une vraie destination
- Quartier choisi : Cebu IT Park et ses environs
- Ce qui m’a surpris : le confort des condominiums et la qualité d’internet
- Pour qui : les personnes qui veulent travailler en ligne tout en explorant les Visayas
Avant d’arriver aux Philippines, j’étais en Thaïlande et j’avais prévu de retourner à Bali.
J’avais fait les démarches pour obtenir un visa touristique indonésien, mais le traitement a pris beaucoup plus de temps que prévu. J’ai attendu plusieurs semaines. On m’a ensuite demandé de fournir de nouveaux documents, avec un délai que je n’ai pas vu à temps. Ma demande a finalement été annulée et je ne l’ai compris qu’après.
Pendant ce temps, mon séjour autorisé en Thaïlande arrivait à son terme. Je devais partir, mais je ne pouvais plus compter sur Bali. Il fallait donc choisir une autre destination assez rapidement.
Pourquoi j’ai choisi Cebu presque au dernier moment
Cebu n’est pas sorti de nulle part.
Plusieurs Philippins m’avaient déjà parlé de la ville. Une connaissance philippine rencontrée à Bali l’avait évoquée, et un ami se trouvait justement sur place à Cebu City. Quelques années ou quelques mois auparavant, à Florianópolis au Brésil, une personne qui me louait un appartement m’avait aussi raconté son voyage aux Philippines. Elle m’avait donné une belle liste d’îles, de plages et de lieux à découvrir.
J’avais également entendu que le séjour touristique pouvait être prolongé assez facilement, selon sa situation, et que le coût de la vie restait modéré. À cela s’ajoutaient toutes les images des Philippines que j’avais vues sur internet.
Je me suis dit : allez, c’est le moment.
Avant de réserver, j’ai tout de même fait quelques recherches sur Reddit pour savoir où loger. Un nom revenait souvent : Cebu IT Park. J’ai donc cherché un Airbnb dans ce secteur et réservé un condominium situé à proximité.
Il n’était pas exactement dans IT Park. Il fallait marcher un peu pour rejoindre le quartier ou prendre un taxi-moto, comme cela se fait beaucoup en Asie du Sud-Est. Mais le logement lui-même était très bien. J’étais au 27e étage, avec une belle vue sur les montagnes, et je m’y suis senti à l’aise presque immédiatement.
Une cuisine et une bonne connexion : deux détails qui changent tout
La première bonne surprise a été la cuisine.
Dans plusieurs logements abordables ou de gamme intermédiaire que j’avais connus en Thaïlande, il n’y avait parfois qu’une bouilloire et un micro-ondes. Pas de plaques, pas d’ustensiles et rien qui permette vraiment de cuisiner.
À Cebu, j’ai retrouvé une cuisine suffisamment équipée pour préparer mes propres repas. Cela peut sembler secondaire pendant des vacances, mais beaucoup moins lorsqu’on vit plusieurs mois dans un pays. Comme bon Français, au bout d’un moment, j’aime bien refaire quelques petites recettes. Ne serait-ce que préparer une salade de temps en temps, cela fait plaisir.
La seconde bonne surprise a été internet. Plusieurs condominiums dans lesquels j’ai résidé disposaient de la fibre optique. Je n’avais pas spécialement souffert de mauvaises connexions dans les autres pays, mais disposer d’une connexion rapide directement chez soi est particulièrement confortable lorsque l’on travaille en ligne.
Mais il ne faut pas en déduire que tous les appartements sont automatiquement connectés. J’ai failli réserver un logement dans un condominium dont l’annonce ne mentionnait ni internet ni wifi. Comme cela me paraissait inhabituel, j’ai demandé confirmation au propriétaire : aucune connexion n’était installée dans l’appartement. Heureusement, j’avais pris le temps de lire toute la description. J’ai finalement choisi un autre logement.
Depuis, je vérifie toujours ce point explicitement sur Airbnb comme sur les autres plateformes. Une résidence peut être équipée pour la fibre sans que chaque appartement dispose déjà d’un abonnement ou d’une installation active.
Ce sont parfois ces éléments très ordinaires — une cuisine, un bureau improvisé, une connexion stable — qui déterminent si une destination fonctionne réellement pour un digital nomade. Les plages comptent, bien sûr, mais elles ne compensent pas toujours un quotidien compliqué.
Ce que j’ai trouvé à Avida Towers Riala
Le second condominium où j’ai vécu, et celui dans lequel je suis resté le plus longtemps, était Avida Towers Riala, directement dans Cebu IT Park.
C’est un ensemble résidentiel gigantesque, composé de plusieurs tours d’une trentaine d’étages. Le nombre de bâtiments a évolué avec le développement du projet, mais l’impression reste la même : c’est une petite ville verticale, avec des centaines d’appartements et des espaces communs, notamment des piscines.
Au moment de mon séjour, on pouvait trouver sur Airbnb un studio très correct autour de 400 euros par mois, avec la piscine et tout le confort nécessaire. En restant plus d’un mois et en discutant avec certains propriétaires qui possédaient plusieurs appartements, j’ai aussi constaté qu’il était parfois possible de négocier un tarif entre 350 et 400 euros.
Je donne volontairement ces montants comme un souvenir situé dans le temps, pas comme un prix actuel garanti. Les tarifs dépendent de la saison, du taux de change, des charges, de la durée et de l’appartement. Si vous envisagez une prolongation ou une location directe, vérifiez également les règles de la plateforme utilisée, le contrat, les conditions du condominium et les obligations locales.
Mais l’idée importante reste valable : pour une personne qui séjourne plusieurs semaines ou plusieurs mois, les grands condominiums de Cebu peuvent offrir un niveau de confort intéressant pour un budget qui, pendant mon passage, restait raisonnable.
IT Park, une ancienne piste devenue quartier d’affaires
IT Park est un quartier moderne, propre, assez sécurisé dans mon expérience et très simple à vivre. On y trouve des restaurants, des commerces, des résidences, des bureaux et un grand centre commercial, Ayala Malls Central Bloc. Le quartier n’est pas immense, mais il est suffisamment complet pour y construire un quotidien confortable.
On y croise aussi beaucoup de personnes qui travaillent dans les call centers et, plus largement, dans l’industrie philippine des services externalisés.
Une personne originaire de Cebu m’avait raconté quelque chose qui m’avait marqué. Lorsqu’elle avait quitté la ville pour partir vivre au Brunei, IT Park n’existait pas encore sous cette forme. L’endroit correspondait à l’ancien aéroport de Lahug. À son retour, elle avait découvert un quartier d’affaires et résidentiel complètement transformé.
J’ai vérifié cette histoire par la suite : le site de Cebu IT Park est bien celui de l’ancien aéroport. L’ancien Asiatown IT Park est progressivement devenu l’un des principaux pôles technologiques et de services de la ville.
On peut faire une comparaison avec BGC à Manille pour donner une idée de l’ambiance : tours modernes, commerces, bureaux, restaurants et résidences rassemblés dans une zone planifiée. IT Park est beaucoup plus petit et possède sa propre histoire, mais j’y ai retrouvé ce même contraste entre une zone très développée et les quartiers qui l’entourent.
Une ville faite de contrastes
C’est quelque chose que j’avais remarqué à Cebu avant de le retrouver, de façon encore plus forte, à Manille : les grandes villes philippines peuvent passer très rapidement d’une zone neuve et moderne à des secteurs où les infrastructures sont beaucoup plus modestes.
La différence se voit dans l’état ou l’absence des trottoirs, dans la circulation, dans les bâtiments et dans l’organisation générale des rues. Je préfère parler de ce que j’ai concrètement observé plutôt que de résumer des quartiers entiers comme « pauvres ». Derrière les infrastructures, il y a aussi des habitants, des commerces et une vie locale que l’on ne comprend pas en la traversant seulement en taxi.
Cebu City ne se limite évidemment pas à IT Park. Cebu Business Park et Ayala Center Cebu forment un autre pôle moderne. Le quartier de Mabolo se trouve entre plusieurs de ces zones, à proximité de SM City Cebu. Autour de Fuente Osmeña, on retrouve un centre plus animé, avec notamment des bars et des lieux de sortie.
Je me demandais d’ailleurs pourquoi le nom Ayala revenait aussi souvent à Cebu et à Manille. Une connaissance philippine m’a expliqué qu’il s’agissait d’une ancienne et très riche famille du pays, à l’origine de nombreux projets immobiliers et commerciaux.
La réalité est un peu plus large : Ayala est aujourd’hui l’un des grands conglomérats philippins. Son histoire remonte à 1834, pendant la période coloniale espagnole, et ses activités dépassent largement les centres commerciaux. Sa branche immobilière, Ayala Land, est notamment associée au développement de Cebu Business Park et Cebu IT Park. Cela explique pourquoi le même nom apparaît dans autant de quartiers, de centres commerciaux et de tours.
Les plages ne sont pas à Cebu City même
Pour rejoindre les plages les plus proches, il faut généralement quitter Cebu City et aller vers Lapu-Lapu City, sur l’île de Mactan. C’est aussi là que se trouve l’aéroport international.
Ce qui m’avait interpellé, c’est que beaucoup des plages aménagées que je trouvais étaient associées à des resorts. Pour y accéder, il fallait soit séjourner dans l’établissement, soit acheter un day pass donnant généralement accès à la plage, à la piscine et aux bars ou restaurants.
Cela ne signifie pas que toutes les plages des Philippines sont légalement privées. C’est simplement l’expérience que j’ai eue en cherchant une plage propre, entretenue et facile d’accès près de Cebu City.
Celles que j’ai fréquentées étaient agréables et relativement peu fréquentées pendant mes passages. En revanche, je ne conseillerais pas de se fier à une promesse comme « vingt minutes depuis IT Park ». Selon la circulation, le pont emprunté et le resort choisi, le trajet vers Mactan peut prendre beaucoup plus de temps.
Une base urbaine pour explorer les Visayas
L’intérêt de Cebu ne réside pas uniquement dans la ville. Cebu est aussi une porte d’entrée pratique vers plusieurs destinations réputées.
Au sud-ouest de l’île, Moalboal est connu pour son sardine run : d’immenses bancs de sardines se déplacent en formation à proximité du rivage. Le site se trouve à environ 90 kilomètres de Cebu City, mais il faut compter plusieurs heures de route selon la circulation.
J’y suis allé en bus et le trajet m’a pris autour de quatre heures. Le retour a été moins simple : j’attendais dehors, sans savoir exactement quand passerait le prochain bus, et certains bus n’étaient pas climatisés. Un chauffeur proposait finalement à plusieurs personnes de rentrer ensemble en voiture. Je suis monté avec elles pour un budget qui m’a semblé à peu près équivalent à celui du bus. C’est un souvenir de ce trajet précis, pas une garantie de prix ou de solution de retour à Moalboal.
Au nord, Bantayan est réputée pour ses plages et son atmosphère plus tranquille. Malapascua attire notamment les plongeurs pour la possibilité d’observer des requins-renards.
Depuis Cebu, on peut également rejoindre Bohol et Panglao, où se trouve Alona Beach, ainsi que Siquijor. Les ports, horaires et durées de traversée peuvent changer : Cebu doit être vue comme une bonne base régionale, pas comme la garantie que toutes les îles soient accessibles en deux heures.
J’ai raconté plus en détail mes deux nuits à Bohol et près d’Alona Beach, une pause à la plage que j’ai personnellement préférée à Moalboal pour ce que je cherchais alors.
Pour Siargao ou Palawan, l’avion reste généralement la solution la plus logique. Géographiquement, Cebu donne l’impression d’être au milieu de nombreuses destinations philippines importantes, ce qui rend la ville intéressante lorsque l’on souhaite travailler la semaine et organiser ensuite des séjours dans les îles.
Pourquoi Cebu a finalement fonctionné pour moi
Je ne dirais pas que Cebu est la capitale officielle des digital nomades aux Philippines. Siargao est également une référence, dans un environnement beaucoup plus insulaire. Mais si l’on parle d’une ville moderne permettant de travailler dans de bonnes conditions, Cebu possède de vrais arguments.
J’y ai trouvé une bonne connexion internet, des logements confortables, des cuisines utilisables, des commerces accessibles et un aéroport bien relié. Les plages ne sont pas directement au pied des tours, mais elles restent accessibles. Et lorsque l’on veut sortir de la ville, les possibilités autour de Cebu sont nombreuses.
Une connaissance travaillant dans l’immobilier me décrivait Cebu comme un futur pôle économique majeur, porté par la construction, les services, le tourisme et l’arrivée de nouveaux résidents étrangers. Je ne peux pas confirmer sa prédiction selon laquelle Cebu pourrait un jour devenir économiquement plus importante que Manille. Mais il suffit de regarder les tours, les quartiers en construction et la transformation de l’ancien aéroport pour comprendre pourquoi certains habitants perçoivent la ville comme un endroit en plein essor.
Je devais retourner à Bali. Une demande de visa qui n’a pas abouti m’a finalement envoyé à Cebu. Ce qui devait être une solution de remplacement est devenu une véritable expérience de vie — et une ville dans laquelle j’ai pu retrouver assez rapidement mes repères.
Les conseils pratiques que je retiens
1. Pour travailler, regardez IT Park et Cebu Business Park
Ces deux secteurs concentrent logements récents, restaurants, commerces et services. Vérifiez tout de même l’adresse exacte : « près d’IT Park » ne signifie pas forcément que tout sera accessible à pied.
2. Faites vérifier la connexion avant une location longue
Demandez une capture récente d’un test de débit et confirmez que la connexion appartient bien à l’appartement. Le Wi-Fi commun de la résidence ne remplace pas forcément une ligne stable pour travailler.
3. Contrôlez réellement la cuisine
Regardez les photographies et demandez la liste des équipements. Pour plusieurs mois, une plaque, quelques ustensiles et un réfrigérateur correct comptent davantage qu’une décoration spectaculaire.
4. Considérez les loyers comme des indications datées
J’ai observé des studios confortables autour de 350 à 400 euros par mois pendant mon séjour. Ce n’est pas une promesse de prix actuelle. Comparez les annonces, les charges, les réductions mensuelles et les conditions de prolongation.
5. Pour la plage, recherchez Mactan ou Lapu-Lapu
Vérifiez si l’accès passe par un resort, s’il existe un day pass et ce que celui-ci comprend. Prévoyez une marge importante pour la circulation entre Cebu City et Mactan.
6. Ne réduisez pas Cebu à une étape vers les îles
La ville n’est pas la partie la plus spectaculaire des Philippines, mais elle peut constituer une base très fonctionnelle pour travailler et explorer ensuite Moalboal, Bohol, Siquijor, Bantayan ou Malapascua.
7. Vérifiez les règles de séjour avant de partir
Le séjour touristique peut être prolongé dans de nombreuses situations, mais la durée et les démarches dépendent de votre nationalité et de votre statut. Consultez directement le Bureau of Immigration philippin.
Sources utilisées pour vérifier ce récit
- Cebu IT-BPM Organization — transformation de l’ancien aéroport en IT Park
- Ayala Corporation — histoire du groupe
- Ayala Corporation — Cebu Business Park et Cebu IT Park
- Avida Land — Avida Towers Riala
- Province de Cebu — Moalboal et le sardine run
- Department of Tourism — destinations de Cebu
- Bureau of Immigration — prolongation du séjour touristique
- Ville de Lapu-Lapu — présentation officielle
Informations externes vérifiées le 23 septembre 2026. Les prix, transports, règles migratoires et conditions d’accès peuvent évoluer. Les montants de logement sont ceux observés pendant mon séjour, dont la date exacte reste à préciser.